Je la connais bien pour l'avoir empruntée souvent.
Elle est sans c½ur et sans retour. Elle ne s'emprunte que dans un sens, celui de la fuite en avant.
Et comme par hasard, je ne sais faire que cela, fuir.
Alors je sors vite du donjon qui m'habite et je referme à double tour la porte derrière moi, comme pour me persuader que rien ni personne ne peut y pénétrer.
Et je traverse la cours en courant, prends la porte, lui fait faire un quart de tour sur ses gonds, la passe la referme derrière moi sans bruit.
Comme ça je laisse le temps aux douves de se remplir à nouveau d'eau, de virus et de monstres sanguinaires et je me promène dans les champs des cerfs et je flâne entre les bulles et les serpents.
Et j'attends, tapie, le prince charmant sur son cheval blanc, qui ne me fera plus peur et qui me sortira de mon château, moi, la sorcière enfermée dans la plus haute tour et qui n'aspire qu'à être princesse.



